La pression médiatique, les attentes du public, des entraîneurs, voire de soi-même, sont des facteurs qui peuvent perturber la concentration. Des nageurs comme Laure Manaudou ont montré à quel point cette pression peut impacter les performances : "notre système nerveux n'est pas fait pour subir cela" . Le travail mental aide à gérer le stress, à garder les idées claires sur les plots de départ et à rester focus malgré les enjeux. Toujours d'après Thomas Sammut : "quand les sportifs sont bien dans leur peau, ils n'ont pas besoin de se donner de l'importance pour exister. Ils abordent les grands événements comme les JO avec une énergie positive. L'énergie du bonheur est leur premier moteur". En effet, le nouveau joyaux de la natation Française, Léon Marchand, l'a lui aussi compris : pour exceller, il a dû changer son rapport à l'échec. Lui-même explique qu'il avait auparavant "peur de décevoir".
Beaucoup de nageurs de haut niveau utilisent des techniques de visualisation pour s'imaginer réussir leur course, ressentir les mouvements dans l'eau, anticiper les virages. Cette routine mentale permet d'ancrer la confiance et de programmer le cerveau à performer. La répétition mentale vient compléter la répétition physique. La natation est un sport de chronos et de classements. Un mauvais départ, un mauvais virage, et tout peut s'effondrer. Cependant, comme le dit Sammut, les techniques "sont propres à chacun". Certains vont préférer "ne pas ruminer ce qu'il s'est passé, mais aussi de ne pas anticiper la suite de manière anxiogène". Ainsi Léon Marchand lit des mangas entre ses courses, Teddy Riner joue entre ses combats, Félix Lebrun fait du basket,... autant de petits rituels qui apaisent et recentrent.