Le mental, clé invisible de la performance

19/04/2025

En général, les performances sportives sont uniquement rattachées aux capacités physiques d'un athlète. Pourtant, le rôle du mental est fondamental. Parfois, il peut même s'avérer plus déterminant : trop de stress, un blocage… et il devient impossible de performer. La natation en est l'exemple parfait. Souvent perçue comme un sport purement physique, exigeant une technique irréprochable et une condition corporelle optimale, elle dissimule pourtant une autre forme d'entraînement : le travail mental. Dans un sport où l'athlète se retrouve seul face à lui-même, isolé dans l'eau, privé de repères visuels ou sonores, le mental devient un pilier invisible mais essentiel de la performance.

Pour faire face à ce défi, les sportifs de haut niveau font désormais appel à des spécialistes. Aujourd'hui, les préparateurs mentaux font partie intégrante d'un programme d'excellence, de plus en plus de clubs font appel à ces coachs. Leur rôle ? Accompagner les nageurs dans leur gestion des émotions, leur confiance en soi, leurs objectifs, et même leur récupération mentale après les compétitions. Thomas Sammut, fondateur de Mental formation et préparateur mental auprès d'athlètes participant aux JO de Paris, dont les nageurs Florent Manaudou et Léon Marchand, tiens un discourt très claire : "La performance vient à partir du moment où la personne va être heureuse". Une doctrine qu'il poursuit depuis plus de 18 ans : "l'essentiel de ma philosophie, c'est qu'on n'a qu'une vie, et cette vie doit être en grande partie consacrée à son bonheur".  Ainsi il privilégie la paix intérieur, la compréhension de soi et la sérénité. Contrairement à d'autres disciplines collectives, la natation se pratique souvent en silence, tête dans l'eau, seul dans sa ligne. Cette solitude amplifie le dialogue intérieur : les doutes, les peurs, mais aussi les encouragements et la concentration. Savoir gérer ce discours interne est crucial, surtout lors des compétitions où la pression est maximale

La pression médiatique, les attentes du public, des entraîneurs, voire de soi-même, sont des facteurs qui peuvent perturber la concentration. Des nageurs comme Laure Manaudou ont montré à quel point cette pression peut impacter les performances : "notre système nerveux n'est pas fait pour subir cela" . Le travail mental aide à gérer le stress, à garder les idées claires sur les plots de départ et à rester focus malgré les enjeux. Toujours d'après Thomas Sammut : "quand les sportifs sont bien dans leur peau, ils n'ont pas besoin de se donner de l'importance pour exister. Ils abordent les grands événements comme les JO avec une énergie positive. L'énergie du bonheur est leur premier moteur". En effet, le nouveau joyaux de la natation Française, Léon Marchand,  l'a lui aussi compris : pour exceller, il a dû changer son rapport à l'échec. Lui-même explique qu'il avait auparavant "peur de décevoir".

Beaucoup de nageurs de haut niveau utilisent des techniques de visualisation pour s'imaginer réussir leur course, ressentir les mouvements dans l'eau, anticiper les virages. Cette routine mentale permet d'ancrer la confiance et de programmer le cerveau à performer. La répétition mentale vient compléter la répétition physique. La natation est un sport de chronos et de classements. Un mauvais départ, un mauvais virage, et tout peut s'effondrer. Cependant, comme le dit Sammut, les techniques "sont propres à chacun". Certains vont préférer "ne pas ruminer ce qu'il s'est passé, mais aussi de ne pas anticiper la suite de manière anxiogène". Ainsi Léon Marchand lit des mangas entre ses courses, Teddy Riner joue entre ses combats, Félix Lebrun fait du basket,... autant de petits rituels qui apaisent et recentrent.

Enfin, le travail mental permet de développer la résilience, d'apprendre de ses erreurs, et surtout, de revenir plus fort, "on a tous connu des ratés ou des loupés, et c'est grâce à eux que l'on est là où on est aujourd'hui. L'échec n'est qu'une étape sur le chemin de la réussite". C'est aussi une manière de ne pas s'identifier uniquement à ses performances, "se focaliser dessus au quotidien n'ajoute que de la pression. Et c'est un cercle vicieux : on se dit qu'on est rien sans ces résultats, et on en veut toujours plus". Le mental, c'est aussi savoir reconnaître ses limites, détecter les signaux d'alerte (surmenage, anxiété, perte de motivation), et s'accorder des moments de récupération. Un esprit fatigué entraîne souvent un corps qui peine à suivre. Camille Lacourt, quintuple champion du monde et lui aussi accompagné par Thomas Sammut, en témoigne : "La préparation mentale m'a permis de retrouver ma motivation, le plaisir de me dépasser, et ainsi de devenir encore plus performant".

Le travail mental n'est pas un supplément au travail physique : il en est une composante essentielleFrédérick Bousquet l'exprime sans détour : "Avant, mon mental en compétition fragilisait tout le travail physique effectué en amont". Dans un sport aussi exigeant que la natation, il fait la différence entre une bonne performance et une performance d'exception. Former le corps, c'est bien. Former l'esprit, c'est nager loin

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